Trop doué, trop éveillé, trop curieux, mais aussi trop indifférent, trop sensible, mais aussi trop froid pour mieux me protéger. Trop exigeant, trop impatient, mais aussi trop naïf ...Trop anxieux, mais aussi trop confiant ...Trop bon en classe, trop rapide mais aussi trop perfectionniste, trop de mémoire, trop pédant, trop tordu, trop conceptuel ...Trop agité, mais aussi trop calme, quand je fixe mon attention sur un sujet passionnant... Trop généreux, trop émotif, trop idéaliste et sentimental… Etre trop, de trop. Et devenir un surdoué de la solitude.
Se taire, se fondre dans la masse, faire semblant. Et finir par développer un syndrome de l’imposteur à force de décalage.

Alors une fois pour toutes : seul le fonctionnement mental des HP ou surdoués diffère, leur intelligence est simplement qualitativement différente. Les HP ne sont pas plus intelligents ni plus sensibles, mais mieux intelligents et sensibles.
Les HP ont un mode de pensée et un comportement psychoaffectif différents, c’est tout, mais c’est suffisant pour être à part. Entre une permanente hyperstimulation et une hyperesthésie,  qui comprendra quand je dis : je voudrais arrêter de penser, je voudrais arrêter de ressentir, parce que c’est monstrueusement démesuré et incessant ?

Les HP sont qualifiés de zèbre, des zèbres parmi la multitude des chevaux. A force d'être zèbre, je suis devenu amoureux de tout ce qui est raturé, rayé, griffé, tracé… Plus qu'un zèbre, je suis une rayure, je laisse aux autres le soin de déterminer si elle est blanche ou noire, puisque ce n'est pas la couleur qui importe, mais l'éternité de la rayure qui compte. Son infinitude, une droite sans fin mais en mouvement. Je suis une droite. Personne ne sait mon élan, moi seul saurai ma fin.

Philippe