« Sans le latin, inutile de chercher à comprendre les 2 700 ans d’histoire qui ont vu naître l’Empire romain, triompher le christianisme, s’affirmer l’identité de l’Occident. Sans le latin, qui faillit disparaître au cours du haut Moyen Âge, impossible de comprendre la place de l’anglais dans notre univers mondialisé, puisque cet idiome fut le premier à connaître un rayonnement international.
Voici retracée pour la première fois l’extraordinaire aventure de cette langue, des origines de Rome à nos jours, en passant par les monastères carolingiens, le mouvement humaniste, les écoles jésuites, les clubs de conversation, le concile de Vatican II qui vit le latin chassé des églises et continuer sa route ailleurs.
Langue des vainqueurs, langue administrative, langue des érudits, langue scolaire et langue de l’Église… Classique, vulgaire, médiéval, humaniste, moderne, le latin sous toutes ses formes a façonné nos représentations, épousé la marche de l’histoire, produit d’innombrables trésors de foi et de culture. Et offert un support indispensable à la bonne santé de ses nombreux cousins, le français, l’italien, l’espagnol…Comment croire après un tel livre que le latin est une langue morte ? »

Pour Sophie : CATULLE
Passer, deliciae meae puellae
Quicum ludere quem in sinu tenere,
Cui primum digitum dare appetenti,
Et acris solet incitare morsus,
Cum, desiderio meo nitenti,
Carum nescio quid lubet jocari
Et solaciolum sui doloris
Credo ut tum gravit acquiescat ardor
Tecum ludere sicut ipsa possem
Et tristis animi levare curas !

Passereau, délices de ma jeune maîtresse,
compagnon de ses jeux, toi qu’elle cache dans son sein,
toi qu’elle agace du doigt
et dont elle provoque les ardentes morsures,
lorsqu’elle s’efforce, par de joyeux ébats,
de tromper l’ennui de mon absence ;
je me livrerais avec toi à de semblables jeux,
s’ils pouvaient calmer l’ardeur qui me dévore,
soulager les peines de mon âme !

Sophie :
CATULLE, Elégies, 5 - "Les rayons du soleil peuvent mourir et renaître ; pour nous, une fois que la brève lumière s'est éteinte, c'est une seule nuit éternelle qu'il faut dormir."

Moi : "Da mi basia mille, deinde centum, dein mille altera, dein secunda centum, deinde usque altera mille, deinde centum..."

Sophie :
CATULLE, Elégies - "Ah ! puisse leur nombre échapper au calcul des curieux et aux charmes de la méchante langue !"

Moi : CATULLE Poésies, 70 - "Ce que dit une femme à l'amant qui brûle pour elle, il faut l'inscrire dans le vent et sur l'onde rapide".

Sophie :
CATULLE, Elégies, 8.
Miser Catulle, desinas ineptire... Pauvre Catulle, cesse de déraisonner...

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